Abolir la Police Nationale

Ces derniers jours, on commémorait la raffle du Vel d’Hiv. De nombreux hommages de personnes issues du "pacte républicain" vont affluer au nom d’une mémoire nécessaire, notamment quand le bloc de droite allant de Macron à Zemmour partage les mêmes valeurs. Dans ce sens, peut-on faire confiance à ces personnes, dont la haine et le rejet de la République les habite ? Non.

Dans ce sens, cette dernière fait une impasse assez cruelle : la Police Nationale exerce toujours. Héritière des méthodes de Vichy, cette dernière épouse de plus en plus ses thèses afin de revenir à une certaine manière au retour aux sources. Pourtant, on entend fréquemment les perroquets de "l’arc républicain" affirmer que cette dernière a été "républicanisée". Il s’agit effectivement d’un mythe, car pour républicaniser, cela souhaite souligner qu’ils sont républicains. Or, ils sont peut-être républicains comme aux États-Unis d’Amérique ou en Allemagne, cela permet de mieux comprendre le sens dévoyé total de la République.

Lorsque le président se pavane avec Georgia Meloni, héritière du fascisme, peut-on dire qu’à un certain moment, il est républicain ? Peut-on dire que le pacte républicain est compatible avec le fascisme ? Peut-on dire finalement que le fascisme, c’est aussi la République ?

Cela permet de voir qu’au travers de cette dernière, il n’y a pas eu de nettoyage au sein de cette dernière à la libération. Aujourd’hui, une grande partie des forces de l’ordre, recruté avec des notes proches de zéro au concours d’entrée témoigne d’un amour pour la France sans la République. Cela tombe bien, je glorifie la République, mais sans la France. Peut-être une question de valeur différente avec les leurs.

Dans ce sens, il s’avère nécessaire de voir que cette même Police qui vote au trois-quarts pour Marine Le Pen ou Eric Zemmour pourrait défendre les minorités ? Non. Une police qui vote l’extrême-droite n’est pas républicaine, cela permet de souligner dans les faits que s’interroger sur sa dissolution pour protéger les éléments et les valeurs de la République s’advient comme nécessaire. De Vichy à Paris, c’est la même Police, les mêmes idées et la même haine.

J’ai pris la décision ces derniers jours suite à une énième distorsion entre la France Insoumise et le CRIF de refuser de regarder les éléments provenant du réseau d’extrême-droite : Twitter. En effet, être républicain s’avère nécessairement en lien avec les réseaux que l’on utilise. Dans ce sens, il s’agit de faire un choix très fort, dans ma ligne éditoriale. Je trouve aussi les polémiques stériles entre le CRIF et la gauche d’une vision aveugle, mais aussi d’un profond manque de connaissances et de culture politique.

Aujourd’hui, ceux qui font le choix de rester du Twitter (et il y en a beaucoup) choisissent l’allégeance à l’extrême-droite radicale sous couvert de combattre le "wokisme", c’est-à-dire contre toutes les minorités. Être républicain, justement cela permet de refuser en tout point ces réseaux pas plus que Gab ou The Truth.

Dès lors, je comprends mieux ce qu’il m’anime puisque contrairement à Emmanuel Macron et ses sbires, je suis un défenseurs des libertés publiques et individuelles. Abolir la Police Nationale n’apparaît pas comme un projet finalement d’extrême-gauche, mais bien comme un "projet républicain". De ce fait, on se rend mieux compte qu’aussi personne ne nous protège face à cette extrême-droite. Dès lors, le fameux bloc républicain a du plomb dans l’aile.

Quand j’étais en clinique, je m’étais intéressé aux valeurs de la République, je pense que ça m’a marqué et ça m’a permis de mieux cerner certains éléments. De cette manière, nombreux sont les "faux-culs" qui se réclament de la République, mais en réalité sont des personnes n’en n’ayant rien à faire. La République sert de véhicule aux pires idées dans notre histoire. C’est bien cela le problème.

Enfin, j’ai compris au travers de mes années de militantisme que la Police Nationale ne servait qu’à maintenir le capitalisme, le néolibéralisme et son extension le néofascisme. Dès lors, l’abolir est une question d’urgence vitale dans nos quartiers populaires, mais aussi afin de rétablir la République partout y compris à l’Élysée.

Posté le 28 juillet 2023 par Pierre Le Bec